La diversité choisie. À cette approche d’un événement électoral de première importance, les élections municipales 2008, fort est de constater qu’une certaine partie de la gauche française peine à vivre avec son temps. Les chantres de l’universalisme, les droits de l’hommistes et autres donneurs de leçons se font encore prendre à leurs propres jeux. En tant que président du groupe politique local « Le Mouvement des Droits Civiques de Bagneux » (MDCiv) et membre de la majorité municipale (gauche plurielle) de la ville de Bagneux (92), je tiens par le biais de cette tribune à sensibiliser l’opinion publique sur les errances pour ne pas dire les contradictions face aux quelles nous expose la gauche locale. Le soutien de deux conseillers municipaux, et du maire adjoint à la jeunesse en la personne de Jean-claude Tchicaya (co-fondateur du collectif Devoir de Mémoires) témoigne de l’aspect essentiel de cette démarche. Si je semble stigmatiser une partie de la gauche française, c’est parce qu’étant aussi de gauche, j’estime qu’il est tant de siffler la fin de la récréation et que les complaisances alimentées par la menace de «faire le jeu de la droite» ne suffisent plus. Revenons quelques instants en arrière : 2001 : Création de notre mouvement, Celui-ci a pour but de monter une liste citoyenne dissidente de gauche avec plusieurs autres forces vives local, Nous franchissons la barre symbolique des 12%. Triangulaires au second tour, les négociations avec la soi-disant gauche plurielle ont échoué. Dur de recoller les morceaux après une campagne municipale passionnée. Et rien n’empêche l’équipe sortante de remporter les élections de peu, de si peu que la droite locale fait appel et obtient l’annulation des élections. En 2002 rebelote, on prend les mêmes et l’on recommence, enfin presque les mêmes, sur ce coup, la majorité municipale n’a pas le choix, elle doit renforcer ses rangs. Petit ménage entre amis, et un peu de place pour ce Mouvement des droits civiques qui a failli leurs faire perdre les élections. Une fois les élections remportées c’est unanime sur la ville, sans le MDCiv, il en était fini de la gauche sur Bagneux. Et oui, il n’y a pas que chez les bleus que la diversité fait gagner. Après un mandat semblable à n’importe quel mandat municipal, comportant ses hauts et ses bas, ses divergences et ses convergences, l’ensemble de la majorité reconnaît la justesse et l’efficacité de notre travail. Une maison citoyenne, un espace avenir, l’amélioration et renforcement du rôle de la mission locale, mise en place d’un projet socio-éducatif sont un petit résumé du travail réalisé. Ceci, je précise, avec une ligne budgétaire inférieure à 3%du budget de la ville pour une population d’environ 33% de moins de 25 ans Nos camarades locaux nous remercient en nous écartant tous simplement de la campagne municipale 2008, pour des raisons extra-politique vraisemblablement. Et il en est de même pour 2 autres membres de la majorité municipale issue de la société civil donc sans partie politique mis sur la touche sans explication, la première représentante de la communauté des femmes africaines de la ville, et le second représentant de la communauté antillaise (sans le dire ouvertement en photo c’est plus parlant) Nous sommes passé du statut de diversité choisie (toujours pour la photo) à celui de diversité subie. Vous me direz sans doute «c’est ça la politique» Et je vous répondrai : Il m’est alors impossible d’accepter l’inacceptable, j’estime qu’il est de mon devoir de citoyen et d’élu de manifester ma stupéfaction et d’inciter d’autres à se saisir de cette tribune, d’apporter leurs témoignages, et de contribuer à l’écriture de l’histoire de notre pays. Car tous nos acquis quelqu’ils soient s’obtiennent au travers de lutte. Et que nos enfants n’auront qu’à tirer des leçons de la société que leurs laissent leurs prédécesseurs. Le MDCiv est identifié par nos concitoyens comme étant non seulement un acteur essentiel dans le développement socio-éducatif de notre ville mais surtout comme le générateur de cette préoccupation et de cette dynamique. Notre spécificité ne nous permet pas de pouvoir prétendre de proposer une politique générale de la ville. Mais notre présence et celle de nos partenaires cités avant est le garant de la prise de conscience des réalités socio-éducatives et donc de l’avenir de notre ville. Le combat politique ne se résume pas à un mandat de 6ans mais bien à une construction dans l’histoire. Aussi par cette tribune, j’incite et encourage tous ceux qui sont soucieux de l’avenir de notre ville, a rappeler aux candidat qui veulent nous représenter, la haute importance que peut porter ces aspects aux yeux des habitants de notre ville. EYANA-YANA Amos Président du groupe Mouvement des Droits Civiques de Bagneux